Carnet de route

Chamonix-Mont-Blanc juin 2011 "Au coeur du massif"

Le 29/07/2011 par Jean-Claude

Vendredi 24 :
L'heure de la sortie à peine sonnée, Stéphane Pierre-Yves et moi prenons la route de Paris. Embouteillages, courte nuit et nous repartons tôt le samedi retrouver Philippe qui arrive de Carcassonne.

Samedi 25 :
Nous arrivons au camping de Chamonix en début d'AM où nous installons le camp de base. Grand beau comme on dit ici. Au bureau des guides, la météo est optimiste pour la semaine sauf pour le mercredi où des orages sont prévus dans l'après-midi. Le soir, notre voisin nous prie de ne pas cuisiner devant sa tente à cause des ours !? Nous comprenons à son accent particulier que c'est un cousin de Montréal qui craint que les grizzli ne soient attirés par l'odeur de sa tente. Salut Vincent ! Nous avons beaucoup échangé et étions ravis aussi de t'avoir comme voisin.
Dimanche 26 :
Tôt le matin, le camp très cosmopolite est en effervescence. C'est le marathon du Mont-Blanc et le camping compte quelques coureurs. Nous partons vers le col des Montets pour une mise en jambes du côté du Lac Blanc face à la chaîne du Mont-Blanc. Un regard particulier pour l'Aiguille Verte que Stéphane a gravie en mai avec Serge par le couloir Couturier. Le panorama est grandiose sur toute la chaîne. Jusqu'à la Flégère puis les Praz, c'est 950 m D+ et 1300 m D- pour le 1er jour.
A Argentière, nous apprenons que le téléphérique des Grands Montets est fermé, nous reportons donc à plus tard la course vers la Petite Verte prévue le lendemain.
Lundi 27 :
La décision a été prise de partir vers les Dômes de Miage : une grande classique de difficulté PD+ Durée : 5h de montée / 4h de descente . Départ du parking de Cugnon près des Contamines (1200m). Après le refuge de Tré la Tête, nous empruntons la moraine puis le glacier : ambiance haute montagne. Une série d'échelles puis un sentier et nous arrivons en début d'AM au refuge des Conscrits (2602 m). Architecture futuriste et posters de vieux gréements à l'intérieur … étonnant ! L' accueil est amical.
Mardi 28 :
Nous sommes une dizaine de cordées à quitter le refuge vers 4h. Au petit jour, nous remontons le glacier de Tré la Tête en direction du Col des Dômes. Du col, nous atteignons le sommet du premier Dôme sur la gauche. Ensuite l'arête vertigineuse, entre ciel et et terre, très élégante, très pure, mène au second puis enfin au Dôme Central, sommet de la course (3670 m). Juste la place pour mettre les pieds par endroit ! Et époustouflant de beauté. En bas, 2500 m en dessous, les hameaux de la vallée des Contamines sont si petits, si verdoyants, si rassurants. Quel contraste avec le monde de roches et de glace où nous sommes perchés. Derrière nous : l'arête de Bionnassay très élancée et le versant italien du Mont Blanc : un aspect inhabituel.
Une descente abrupte 40°/45° nous conduit en direction de l'Aiguille de la la Bérangère (3425m), dernier sommet en mixte de cette traversée. Il fait chaud et la neige est devenue molle. Presque à chaque pas, nous enfonçons profondément, enfin pour les plus lourds d'entre nous. Une petite arête mixte assez fine nous permet de gravir le sommet de l'Aiguille avant de regagner, par les névés, le refuge des Conscrits, 800 m plus bas.. Il est plus de midi : pause casse-croûte.
Puis c'est la longue descente : glace vive, moraine, sentier, forêt … avec quelques rudes grimpettes tout de même. Nous sommes de retour au parking en fin d'après midi : 1250 m D+ et 2650 m D-. Une grosse journée ! Depuis la vallée des Contamines, nous contemplons les Dômes « Dire qu'on était là-haut ce matin ! C'est quand même aérien !! »
Une petite bière à notre pub de Chamonix sera la bienvenue.
Mercredi 29 :
Journée de repos, piscine, … La pluie est au rendez-vous en fin d'AM et au cours de la nuit.
La décision est prise de renoncer à la Dent du Géant (objectif majeur du séjour) pour différentes raisons dont l'absence de Philippe de Brest qui a du déclarer forfait au dernier moment. Une pensée pour lui. Nous irons au refuge du Couvercle et hésitons encore entre l'Aiguille du Moine (course en rocher) et la Pointe Isabella (course en glacier), donc matériel pour les deux hypothèses, donc bonne charge pour chacun.
Jeudi 30 :
Nous prenons à 8h30 le 1er train du Montenvers. Le brouillard n'a pas découragé les nombreuses cordées. Nous descendons sur la Mer de Glace par les échelles de la Vire des Guides. Après la moraine, nous arrivons rapidement sur la glace vive et cheminons à travers les crevasses dans un brouillard à couper au couteau. Bravo à Steph et Philippe qui ont guidé au feeling pour cette montée de la Mer de Glace. Au confluent du glacier du Tacul et du glacier de Leschaux, il faut emprunter les échelles des Egralets pour prendre pied sur le sentier du refuge qui suit rapidement la moraine du glacier de Talèfre. Une belle succession d'échelles et de traversées, comme une via ferrata ! « Pour de vrai ! »
Le refuge est atteint en début d'après midi, il est situé sur un contrefort de l'aiguille du Moine, à 2687m d'altitude, donc 800m D+ environ. L'accueil est très aimable dans ce refuge, avec en plus une bonne odeur de cuisine. C'est est un des plus beaux belvédères du massif du Mont Blanc. De la terrasse, la vue embrasse un panorama unique, depuis les aiguilles de Chamonix jusqu'aux Droites en passant par les trois Monts, la Vallée Blanche, le bassin du Géant, les arêtes de Rochefort, les Jorasses, l'aiguille de Talèfre, la Pointe Isabella, le Triolet et toute l'arête Courtes-Droites. D'ici, la face nord des Grandes Jorasses nous apparaît dans toute sa démesure et le bel ordonnancement des aiguilles mémorisé depuis Chamonix est complètement bouleversé.
Vendredi 1er juillet :
Nous nous sommes décidés pour la Pointe Isabella (3761 m) en raison de la recherche d'itinéraire improbable sur l'aiguille du Moine. C'est une superbe course variée et assez longue : dénivelé 1100 m, cotation PD+, cependant technique. Elle permet de découvrir le fond du bassin de Talèfre.
Les départs s'égrènent en fonction des courses : Aiguille Verte par le couloir Whymper, la traversée des Courtes, Triolet, … Pour nous, c'est réveil à 3h, départ à 4h. A la lueur des frontales, nous descendons sur le glacier de Talèfre, par un éboulis, le long d'une corde. Le risque de chute de cailloux est permanent et les 4 cordées pour Isabella s'espacent.
Après le jardin de Talèfre, nous remontons les pentes de neige en longeant les Courtes (sous les aiguilles Ravanel et Mummery), rive droite, de façon à éviter séracs et larges crevasses. Nous accédons ensuite au replat vers 3350m à traverser pour rejoindre une arête neigeuse, sur l'autre rive du glacier. Nous franchissons la rimaye et gravissons cette arête à 30% pour atteindre un ressaut rocheux facile mais instable, sur 60m,. Une fine arête neigeuse aérienne, raide, mène aux pentes supérieures : plusieurs se succèdent, certaines à 35%, d'autres beaucoup plus sévères. Le plateau sommital est bien défendu. Le sommet est constitué de rochers faciles, mais parfois pourris, sur un peu plus de 30m. Certes le soleil brille depuis un bon moment, mais il fait assez froid, le sommet nous mettant à l'ombre.
Sommet atteint !!! Il est environ 9h30. Un regard panoramique : vers l'Ouest le Mont-Blanc et tous ses proches, à l'Est le Triolet « à toucher » et le Dolent, vers le nord le glacier d'Argentière avec de part et d'autre la Verte et l'aiguille d'Argentière. Quelques photos. Nous amorçons la descente, par le même itinéraire. Nous plaçons un rappel quelques mètres sous le sommet. Petit incident technique pour une cordée belge : en prenant appui sur un rocher, celui-ci se détache et tombe sur le genou d'un des 2 grimpeurs. Du coup, nos compagnons en difficulté empruntent notre rappel. Pendant tout ce temps, nous grelottons et avons hâte de nous retrouver au soleil.
La descente des arêtes est assez impressionnante face à la pente, Nous ne traînons pas en route car le soleil chauffe très vite et la neige devient molle. Nous enfonçons et prenons bien soin de nous mettre dans les traces sur ce glacier aux larges crevasses insondables. Nous ne nous arrêtons que tout en bas des pentes neigeuses. Il fait alors chaud et nous pouvons nous déséquiper et manger un morceau. Le retour au refuge sur le faux plat du glacier et de la moraine sera un peu «louvoyant». L'après-midi est bien entamé et l'heure est venue de se restaurer dans ce refuge confortable où nous passerons une nuit supplémentaire.
Samedi 2 juillet :
Grasse matinée : lever à 6h. Descente par le Balcon de la mer de Glace. La formule restitue admirablement la réalité. Il s'agit d'un sentier panoramique, qui paraît improbable vu de loin, équipé dans les passages rocheux de câbles et d'échelles : on en compterait plus d'une soixantaine dont certaines à remonter. Encore une via ferrata !
Une petite pause majestueuse face à la Vallée Blanche : à droite les Aiguilles, à gauche le Géant et au centre le Mont Blanc, le Mont du Tacul et tous ses satellites, la Tour ronde … Autre pause un peu plus loin, presque au pied des Drus. Vus d'ici, rien à voir avec l'aspect «obélisque» habituel. Le refuge de la Charpoua est tout proche. Ne pas trainer pour traverser le glacier de la Charpoua, ça « parpine » par là !
Et enfin descente par des échelles sur la mer de Glace. Il suffit de traverser pour reprendre les échelles en face et remonter au Montenvers. Il est midi quand on rejoint la gare sous un flot de touristes. Le coup d'envoi des vacances est lancé.
Un petit restau à Chamonix avant de regagner le camp de base puis flânerie en ville en fin d'après midi après cette semaine bien remplie.
Dimanche 3 juillet :
Au petit matin, l'heure de la séparation est venue. De l'avis général, c'est une semaine particulièrement bien réussie. Un grand merci à Stéphane pour nous avoir organisé ce séjour haute montagne inoubliable. Déjà d'autres projets ont germé.

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