Carnet de route

Serge sur les sommets d'Asie Centrale

Le 16/10/2009 par Serge et Jean-Claude

À 42 ans, Serge Hardy fait partie des quelques Brestois qui pratiquent l'alpinisme de haute montagne. Il est membre actif du CAF de Brest depuis des années.
Sa dernière grande course remonte à l'été dernier. Il a fait l'ascension du pic Pobieda (7 439 mètres). Situé au Kirghizstan, un pays d'Asie centrale qui faisait jadis partie de l'URSS, ce sommet ne possède pas la notoriété de l'Everest. Mais il se mérite lui aussi. « C'est le 7 000 le plus au nord de la planète ». C'est aussi le point culminant de ce massif.
Serge n'en était pas à son coup d'essai. Il avait déjà gravi deux autres sommets de plus de 7 000 mètres, également situés au Kirghizstan. Voici trois ans, il avait vaincu le pic Lénine (7 134 mètres). Et juste avant de s'attaquer au Pobieda, il s'était hissé en haut du Khan Tengri (7 010 mètres). « Mais le Pobieda est plus teigneux », avoue-t-il.
Parti de Paris avec une vingtaine de kilos de matériel, Serge Hardy a retrouvé sur place son guide, Nikolaï Totmianin, l'un des meilleurs alpinistes russes, « piolet d'or » 2005 pour l'ascension de la face nord du mont Jannu, au Népal.
Il a fallu huit jours d'efforts à Serge pour accomplir l'ascension du pic Pobieda à partir du camp de base situé à 4 000 mètres d'altitude. Le froid, les vents violents, la neige... Les conditions météo rendent l'aventure difficile, voire périlleuse.
L'été dernier, une douzaine de personnes ont réussi l'ascension du pic Pobieda. En 2008, où les conditions météo étaient mauvaises, elles n'ont été que cinq au total. Fin août, peu de temps après l'expédition de Serge, la tente de deux alpinistes s'est déchirée dans la tempête. L'un d'eux est mort de froid.
Serge Hardy ne cache pas avoir souffert, lui aussi. Les nausées dues à l'altitude ne l'ont pas épargné. « On a mal à la tête, on se sent barbouillé, on a envie de vomir. Mais ça passe assez bien avec l'aspirine. » Impossible de dormir la nuit. « Avec le vent et la neige, c'était l'enfer sous la tente ! » Lever à 7 h du matin avec une température qui ne dépasse pas - 30°. Il faut avoir envie...
Serge et Nikolaï Totmianin ont fini par atteindre le sommet. « On est resté cinq minutes, le temps de prendre quelques photos. On s'est tapé dans le dos, on était content. »
Coût de l'expédition : 3 000 €, billet d'avion compris. L'alpinisme de haut niveau ne demande pas forcément des moyens extraordinaires. À condition de s'éloigner des sentiers battus.
Serge Hardy a découvert l'alpinisme voici une dizaine d'années grâce à des amis. L'éloignement des hauts sommets n'est pas un obstacle insurmontable. « Je grimpe toutes les semaines », indique cet habitué des falaises de Camaret et de Plougastel.
L'alpinisme constitue pour lui une philosophie de vie. « C'est un sport engagé. Il vous apprend à aller au bout de vous-même et à être responsable. C'est aussi comme ça qu'on est libre. »
Après le pic Pobieda, il a encore « des projets pour deux siècles ». L'été prochain, il compte faire le Grand Capucin (3 838 m) et l’Aiguille Verte (4122 m) dans le massif du Mont-Blanc avec un copain. Avant de repartir, qui sait, à l'assaut des sommets d'Asie centrale.

Avec des extraits du Journal Ouest-France O. Mélennec







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